François Fontaine

Le vaisseau fantôme

EN

The last mission of French helicopter-carrier “Jeanne d'Arc” (2009-2010)

After forty-five years of sailing and after having travelled the equivalent of nine times the distance between the earth and the moon, the “Jeanne d'Arc” vessel went on its last half the globe journey between December 2009 and May 2010.

In the manner of a true floating embassy, this mythical helicopter-carrier was one of the last military steamboats to sail across the world's oceans and seas. In the spirit of past major discoveries, the “Jeanne d'Arc” trained naval officers from France's most prestigious navy school, Ecole Navale, in the art of sailing.

Fascinated by this legendary ship, I embarked as a photographer in order to document this journey, but also as a pilgrim paying homage to my father, who once was a navy officer on the “Jeanne”.

The crossing which took me from Hamburg to Brest and through which I shared the lives of 700 sailors, was unforgettable. During this moving journey, I would equally look out for the sparkling youth crossing the vessel's decks and corridors, as I would look out for the ghosts of the vessel's past which at night was haunting its den.

Like the red lights at night, illuminating the inside of the ship, I immersed myself inside this
vessel as one would inside a submarine. I was particularly impressed by the sophisticated machinery of this “Beast Within” burning daily hundreds of liters of fuel. As with the helmeted figures I would come across on the flight deck, and the fugitives forms silently sliding in the labyrinthine corridors of this sea monster.

The helicopters would take off both by night and day, buzzing in the sky above the agitated waters, like a soldier escaped from a giant beehive. Meanwhile the “pasha”, the last commanding officer of the “Jeanne”, poised atop a navigational bridge, would conscientiously monitor the activity of his faithful officer cadets.

Untiringly I was photographing this never-ending ballet of men and women constantly moving as if time would catch up and swallow them, as it shortly would do with the wreckage of this ship at the end of its course.

The vessel would slide on the waters like a phantom ship, and I would make the most of every second, trying to record in my memory and on my films the last instance of the once prestigious “Jeanne d'Arc”.

François Fontaine

FR

La dernière campagne du porte-hélicoptères « Jeanne d’Arc » (2009-2010)

Après quarante-cinq ans de navigation et après avoir parcouru neuf fois la distance de la Terre à la Lune, la « Jeanne d’Arc » effectuait son dernier demi-tour du monde entre décembre 2009 et mai 2010.

Véritable ambassade flottante de la France, ce porte-hélicoptères mythique était l’un des derniers bateaux à vapeur militaires à sillonner les océans et les mers du globe. Dans l’esprit des grandes découvertes d’antan, la « Jeanne d’Arc » formait à la navigation les officiers élèves issus de l’Ecole navale, la plus prestigieuse école de la Marine nationale française.

Fasciné par ce bateau de légende, je m’y suis embarqué comme photographe pour y réaliser un reportage en images mais également comme pèlerin pour y rendre hommage à mon père, ancien officier de marine, jadis embarqué sur la « Jeanne ».

La traversée qui me conduisait de Hambourg à Brest, durant laquelle je partageais la vie quotidienne de 700 marins, fut inoubliable. Au cours de cet émouvant périple, je guettais autant la jeunesse resplendissante qui sillonnait les ponts et les coursives du navire le jour que les pâles fantômes de son passé qui hantaient son antre la nuit.

À l’image des lumières rouges illuminant l’intérieur du navire les nuits de pleine mer, je me suis immergé dans ce vaisseau comme dans un sous-marin.

Les machines complexes de cette « bête humaine » consommant quotidiennement des centaines de litres de gazole m’ont particulièrement impressionné. Tout comme les étonnantes figures casquées croisées sur le pont d’envol et les fugitives silhouettes glissant silencieusement dans les coursives labyrinthiques de ce monstre marin.

Les hélicoptères décollaient de nuit comme de jour, bourdonnant dans le ciel au-dessus des flots agités, tels des guerriers échappés d’une gigantesque ruche. Tandis que le pacha, le dernier commandant de la « Jeanne », surveillait consciencieusement, du haut de sa passerelle de navigation les manœuvres de ses fidèles officiers élèves.

Je photographiais inlassablement ce ballet d’hommes et de femmes qui s’agitaient sans cesse comme si le temps allait les rattraper et les engloutir comme il le ferait bientôt de l’épave de ce navire en bout de course.

Le navire glissait sur les eaux tel un vaisseau fantôme et je profitais de chaque instant pour enregistrer dans ma mémoire et sur la pellicule les derniers soubresauts de ce que fut la prestigieuse « Jeanne d’Arc ».

François Fontaine

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