François Fontaine

Lost in China

EN

During the summer of 2005, I did a residency at the Guangdong Museum of Art in Guangzhou.

I travelled to Beijing with the Trans Siberian then across China, from north to south then south to east by train. Over the course of this incredible journey, I took a particular inter-est in the silence of shapes, the density of matter, the sensuality of bodies and the shin-ning of souls.

What impressed me in this country, seized by an uncontrollable modern frenzy, was its oneiric power, as strong as always, which had always made the Westerner that I am dream.

I chose to transpose the brute reality of what I perceived into a symphony of colours and sensations where poetry and dream would be kings. Both in trains (compartments, corri-dors, station platforms) and in towns (hotels, restaurants, museums, gardens), each time it would be like a window on China opening my neophyte eyes, yet transformed, distort-ed and elevated by the reflection of my imagination.

In front of a China highly socialized and architected, I wanted to show the incredible power of seduction and the surprising ambiguity of this country undergoing a complete upheaval, and which would – on a daily basis – draw upon the magic of its past as much as upon the revolutionary forces of its future.

In this body of work - very far from any usual documentary photography - I wanted to restitute the traces, the perfumes, the impressions of the millennial and extremely mod-ern China. When, day after day, I strolled through the streets of Beijing, Guangzhou or Shanghai, I had the very strong feeling of the presence of a constant Chinese aesthetic, something of a powerful "look" unique to this country, which had crossed the centuries and still marked the China of today.

Strongly influenced by Asian cinema, I built my reportage as a series of cinematographic sequences, trying to express through my framing and chromatic approach, a miriad of spaces of freedom, far away from the single mindset still very vivid in this country.

It is by losing myself in the mysteries of a subliminal chinese city, both dreamed and fan-tasized, that I brought this imaginary trip to life.

François Fontaine

FR

A l’été 2005, je suis parti en résidence au Musée d’art du Guangdong, à Guangzhou. J’ai pris le transsibérien jusqu’à Pékin, puis j’ai traversé en train la Chine du Nord au Sud, puis du Sud à l’Est.

Au cours de ce formidable périple, je me suis intéressé au silence des formes, à la densité des matières, à la sensualité des corps et au rayonnement des âmes.

Ce qui m’a impressionné, dans ce pays gagné par une incontrôlable frénésie moderne, c’était sa puissance onirique toujours aussi vive, qui de tout temps faisait rêver l’Occidental que j’étais.

J’ai choisi de transposer la réalité brute de ce que je percevais en une symphonie de couleurs et de sensations, où la poésie et le rêve seraient rois. Dans les trains (compartiments, couloirs, quais de gare), comme dans les villes (hôtels, restaurants, musées, jardins), chaque fois une fenêtre sur la Chine s’ouvrait à mes yeux de néophyte, mais déformée, transformée, sublimée par le reflet de mon imaginaire.

Face à une Chine fortement architecturée et socialisée, j’ai voulu montrer l’extraordinaire pouvoir de séduction et l’étonnante ambiguïté de ce pays en total bouleversement, qui, quotidiennement, puisait autant dans la magie de son passé que dans la force révolutionnaire de son avenir.

Ce sont les traces, les parfums, les impressions de cette Chine millénaire et extrêmement contemporaine que j’ai voulu restituer dans ce travail photographique, bien loin de l’habituel documentaire. Lorsque je parcourais, chaque jour, les rues de Beijing, de Guangzhou ou de Shanghai, j’avais l’extrême sensation qu’il y avait comme la permanence d’une esthétique chinoise, la puissance d’un « look » particulier à ce pays, qui avait traversé les âges et marquait durablement la Chine d’aujourd’hui.

Fortement influencé par le cinéma asiatique, j’ai construit mon reportage comme autant de plans cinématographiques, cherchant à transmettre par mes cadrages et mon approche coloriste une kyrielle d’espaces de liberté, loin de la pensée unique encore si vive dans ce pays.

C’est en me perdant dans les arcanes urbaines d’une Chine subliminale, rêvée et fantasmée, que j’ai donné vie à ce voyage imaginaire.

François Fontaine

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