François Fontaine

Poésie urbaine

EN

It is by wandering through the animated streets of Madrid for three years, that I became fascinated by the profusion and poetry of its wild display of posters.

These posters, which daily invade the walls of the capital, appeared to me as symbols and visual messages to be deciphered. These images composed of shredded photo-graphs and drawings offered an enchanting mix of colours and astonishing patterns. A strange poetry emerged from this combination of over lapping layers of coloured paper, and from its transformation over time, the result of chance or the unconscious gesture of a passer-by.

I enjoyed capturing the impact of materials and light arising from these walls. As I have enjoyed immortalizing these layered signs that constitute the memory of the city.

 

The more I walked through these graphic and chromatic worlds, the more I felt I was of-fered a brief history of art of the XXth century. From the cubist papiers collés, to Dada and the surrealist collages, via the Constructivist photo montages and Pop Art posters, Madrid's walls were full of hints as to the main artistic trends Art which have marked our century.

Veritable pictures with fauve colours sprang up as you turned a corner, on the windows of abandoned shops, on the shed of a construction site, or on the town's letter box.

I wanted to immortalize this street art, original and ephemeral made up of occasional and chance encounters, before it disappeared - as is the case today in most large west-ern cities.

Music, dance, fashion, theater, cinema and politics are the main recurrent themes of these Madrid's snapshots, which constitutes one of the most deeply moving visual lan-guages of the city.

Yet, what emanates the most profoundly from these images, tinted by a strange kind of poetry, is the obsessive presence of inquisitive eyes that gives us the feeling that the city is looking back at us.

François Fontaine

FR

En parcourant durant trois années les rues des quartiers animés de Madrid, j'ai été fasciné par la profusion et la force poétique de son affichage sauvage.

Ces posters qui envahissent quotidiennement les murs de la capitale m’ont semblé autant de symboles et de messages visuels à décrypter. Ces affiches faites de photographies et de dessins offraient par leurs déchirures une féerie de couleurs et de correspondances étonnantes. Une étrange poésie jaillissait alors de ce foisonnement de papiers colorés qui se chevauchaient et que les accidents du hasard ou le geste inconscient d'un promeneur avaient métamorphosé au fil du temps.

J'ai aimé  capter les effets de matières et de lumière qui surgissaient de ces murs. J'ai aimé immortaliser ces signes superposés qui sont la mémoire de la ville.

Plus je cheminais dans ce monde graphique et chromatique, plus j'avais l'impression d'assister à une Petite histoire de l'art du XXe siècle. Des papiers-collés cubistes, aux collages dada et surréalistes, en passant par les photomontages constructivistes et les affiches pop art, les murs de Madrid regorgeaient de clins d’œil aux grands courants artistiques qui ont marqué notre siècle.

De véritables tableaux aux couleurs fauves surgissaient au détour d'une ruelle, sur les vitrines d'un magasin abandonné, sur le cabanon d'un chantier ou sur une boîte aux lettres municipale.

J'ai voulu graver cet art de la rue, original et éphémère, fait de rencontres occasionnelles et hasardeuses, avant qu'il ne disparaisse, comme c'est le cas aujourd'hui dans la plupart des grandes métropoles occidentales.

 

La musique, la danse, la mode, le théâtre, le cinéma et la politique sont les thèmes récurrents de ces instantanés madrilènes qui forment l'un des langages visuels les plus émouvants de la ville.

Mais ce qui émane le plus profondément de ces images empreintes d'une étrange poésie, c'est la présence obsédante de ces regards interrogateurs qui font sentir que la ville aussi nous regarde.

François Fontaine

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