François Fontaine

SANS TERRE

EN

In the heart of the Sertao plains, where the land is bare or totally flooded depending on the season, a significant fringe of the Brazilian population lives on the edge of society, in order to resist the power of the large landowners who own most of the arable land of the country. These women and men, whom one calls the “Landless Workers” (« Sem Terra »), are pressing for agragarian reforms fair for all. They stand for an ideology heavily influenced by marxism-leninism and christianity that would allow each and everyone to cultivate a small piece of land taken from the huge properties a handful of powerful men possess and refuse to give away to the poorest.

The Landless Workers Movement, founded in 1984, estimates that 4.6 million peasants are without land. President Lula had pledged to donate land to around 400,000 families over the four years of his mandate. In 2003, only 14,000 were given land. These Landless Workers communities, which can be found throughout the center of the country, occupy peacefully - but still by putting their lives at risk - the unused land which they want to cultivate legally. The “Landless Workers” are fighting to obtain from their government the right to work and live on these lands, with the agreement of the large landholders.

Today most of them live with no income whatsoever, no electricity nor water, in grim shacks covered with plastic sheeting. Only a few NGOs, such as Médecins du Monde for whom I shot this reportage, support them by defending their cause and giving them important material and psychological help.

At the “ Landless Workers”, where there is a fierce desire to overcome poverty and injustice,  extreme solidarity is expressed on a daily basis. It is this strength of character and thirst for justice one can see on the faces of the “Landless Workers”, which I wanted to imortalize while at the heart of these camps where they try to survive.

François Fontaine

FR

Au cœur des plaines du sertão où les terres sont désertiques -ou totalement inondées, selon les saisons-, une frange importante de la population brésilienne vit  en marge de la société, afin de résister à la toute puissance des grands propriétaires terriens qui possèdent la quasi totalité des terres cultivables du pays -au Brésil, 46% des terres sont aux mains de 1% des propriétaires. Ces femmes et ces hommes que l’ont appellent les « Sans Terre » (« Sem Terra ») militent pour une réforme agraire équitable pour tous. Ils défendent une idéologie fortement emprunte de marxisme-léninisme et de christianisme qui permettrait à chacun de cultiver une parcelle de terre prise sur les immenses propriétés qu’une poignée d’hommes puissants détiennent et se refusent à céder aux plus pauvres.

Le MST (Mouvement des Sans Terre) estime à 4,6 millions le nombre de paysans sans terre. Le président Lula a promis de donner des terres à quelques 400 000 familles au cours des quatre années de son mandat. En 2003, seules 14 000 en ont reçu.Ces communautés de « Sans Terre », que l’on retrouve un peu partout au centre du pays, occupent pacifiquement, mais au péril de leur vie, les terres inexploitées qu’ils souhaiteraient légalement cultiver. Ils luttent depuis maintenant vingt ans -le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST) a été fondé en 1984- pour obtenir de leur gouvernement le droit de travailler et de vivre sur ces terres, en accord avec les grands propriétaires.

Aujourd’hui, la majorité d’entre eux vivent sans aucun revenu, à l’intérieur de cabanes sordides recouvertes de bâches en plastique, sans eau ni électricité. Seules quelques ONG, comme Médecins du Monde, auprès de qui j’ai réalisé ce reportage, leur viennent en aide en défendant leur cause et en leur apportant un soutien matériel et psychologique importants.

Chez les « Sans Terre », où il existe une volonté farouche de vaincre la misère et l’injustice, une solidarité extraordinaire s’exprime au quotidien. C’est cette force de caractère et cette soif de justice que j’aie voulu capter sur les visages de ces paysans « Sans Terre », au cœur même des campements dans lesquels ils tentent de survivre.

François Fontaine

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