François Fontaine

Witness

EN

'It is probable that we have all become passive witnesses, once again, to a barbaric act''
Günter Grass

It is a photographic essay on the representation of contemporary wars through the media in which I analyse the impact of news footage and the violence they convey.
It is a reflection on the meaning of images, on what they suggest and transmit, on the power they have to blur the benchmarks between fiction and reality.
This work is a continuation of my photographic research on the theme of remembering, and it echoes my doctoral thesis, which was a study of the Spanish war as seen through the prism of the illustrated press.

This photographic series was produced from details of images taken from our visual culture : internet, smartphones, video games, TV and movies. These still images - transformed again – are fed as much by real information conveyed by news-reportage and films, as by the virtual reality of video games. They are purposely made to look blurred, and at times in movement, refer to the hazy images of our memories. They are the counterpoint to the moving images.
By choosing and re-interpreting these contemporary war images, I wanted to give them a symbolic impact and an iconic dimension they did not have in their original context.

Since the 11th of September 2001 attacks in the United States, we have entered the era of the instant image. With the compulsive use of internet and social medias, Middle-Eastern wars have been intruding daily in our private lives. Wars in these countries are happening direct-live and we are the witnesses – via the media – of an ongoing information flux on terrorism and conflicts in the Middle-East. We are drowned by a continuous flow of violent images, which we can not decipher or even analyse.

In Irak and in Syria a real psychological war emerged across the borders of the countries engaged in the conflict (Western and Middle-Eastern), who are using the same media weapons : the driving force behind the crime is now proved by the image. In a world where everyone sees themselves as a photographer, and where the civilians and the fighters are often themselves war-reporters via their smartphones ; an ever-increasing number of hyper-realistic images show war in real-time.

This showing of horror on TV and on the web has for effect to spread fear and dread. It shocks people's minds while seeking to manipulate the viewer, like propaganda video games as shown by Daesh (ISIS).

The images presented in the series Witness, contribute to this project on memory and identification. They are a silent witness to the madness of today's mankind, and echo war photographs that have deeply marked the lives of 20th century's beings.
The series Witness is built like a fake war reportage that points out the confusion of images.
These photographs, by their symbolism, brings back the focus on the universality of war images.

François Fontaine

FR

“Nous sommes tous les témoins passifs d’une barbarie sans cesse renouvelée”
Günter Grass

C’est un essai photographique sur la représentation de la guerre contemporaine à travers les médias dans lequel j’analyse l’impact des images d’actualité et la violence qu’elles véhiculent.
C’est une réflexion sur le sens des images, sur ce qu’elles suggèrent et transmettent, sur leur pouvoir de brouiller nos repères entre réalité et fiction.
Ce travail s’inscrit dans la continuité de mes recherches photographiques sur le thème de la mémoire et fait écho à ma thèse de Doctorat qui était consacrée à la guerre d’Espagne vu par le prisme de la presse illustrée.

Cette série photographique a été réalisée à partir de détails d’images issues de notre culture visuelle : internet, smartphones, jeux vidéo, télévision et cinéma. Ces images (re)-transformées puisent autant dans l’information réelle véhiculée par les reportages d’actualité et les films que dans la réalité virtuelle des jeux vidéo. Ces images fixes réalisées dans un style volontairement flou voire bougé renvoient aux images troubles de la mémoire, elles sont le contrepoint des images en mouvement.
En sélectionnant et en réinterprétant ces images de guerre contemporaines, j’ai souhaité leur conférer une portée symbolique et une dimension iconique absentes de leur contexte d’origine.

Depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis nous sommes entrés dans le règne de l’image immédiate. Avec l’utilisation compulsive d’internet et des réseaux sociaux, les guerres moyen-orientales ont fait irruption de manière intrusive et quotidienne dans notre intimité. La guerre dans ces pays se fait en direct et nous assistons via les médias à une information en continue du terrorisme et des conflits du Moyen-Orient. Nous sommes noyés par un flux ininterrompu d’images violentes que nous ne savons ni décrypter ni analyser.

En Irak et en Syrie, une véritable guerre psychologique a vu le jour de part et d’autres des belligérants (occidentaux et moyen-orientaux) qui utilisent les mêmes armes médiatiques : le moteur du crime devient la preuve par l’image. Dans un monde où tout le monde s’imagine photographe et où les civils et les combattants sont souvent eux-mêmes reporters de guerre par l’intermédiaire de leurs smartphones, une surenchère d’images hyperréalistes présente la guerre en temps réel. Cette monstration de l’horreur à la télévision et sur le web a pour effet de propager la peur et l’effroi, de choquer tout en cherchant à manipuler le regardant, à l’instar des vidéos de propagande diffusées par Daech.

Les images présentées dans la série Witness participent à ce travail de mémoire et d’identification. Elles sont le témoin silencieux de la folie des hommes d’aujourd’hui et font écho aux images de guerre qui ont marqué l’homme du XXe siècle.
La série Witness est construite comme un reportage de guerre fictif qui met en exergue la confusion des images.
Ces photographies par leur symbolique renvoient à l’universalité iconographique de la guerre.

François Fontaine

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